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L'histoire du Vincenzo Lancia

(1881 - 1937) Vincenzo Lancia ne sera jamais un comptable comme les autres. En 1900, l’atelier a remplacé depuis longtemps le bureau austère, et le bleu de chauffe s’est substitué aux manchettes étriquées… Engagé “aux comptes” de la firme de cycles Ceirano, ce jeune homme de 19 ans a préféré vivre au quotidien sa passion pour la mécanique. Il est arrivé au meilleur moment : Ceirano et son ingénieur Faccioli mettent la dernière main à leur première automobile. Peu après la réalisation de ce véhicule, la société est rachetée par la toute jeune Fiat, qui s’adjoint du même coup les services de Lancia. Pilote d’essai, il se forge très vite une réputation

hors pair de "metteur au point". On le dit capable de déceler à l’oreille les moindres défauts d’une voiture et ses diagnostics seront rarement erronés.

Il devient aussi l’un des pilotes les plus talentueux du début du siècle. Vedette de l’équipe Fiat avec son ami Felice Nazzaro, sa combativité, son style généreux et son intelligence de la course vont le faire entrer dans la légende. C’est l’époque héroïque des épreuves un peu folles sur routes ouvertes ou des Grands Prix disputés sur plus de 1 000 km. Solide, résistant et téméraire, Lancia peut y laisser exploser son tempérament. En dépit des nombreux ennuis mécaniques qui l’empêcheront de se bâtir un palmarès à la hauteur de son talent, il ne renonce jamais, même quand tout semble perdu : dans l’adversité, personne ne peut lui tenir tête… Ses folles chevauchées comptent parmi les plus belles pages du sport automobile.

Vincenzo Lancia crée sa marque à 25 ans Pourtant, ces glorieuses aventures ne lui suffisent bientôt plus. Il veut créer ses propres voitures. Âgé seulement de 25 ans, Vincenzo décide de fonder la Société des automobiles Lancia, avec son ami Claudio Fogolin. Les deux hommes mettent toutes leurs économies dans le projet : 50 000 lires. C’est peu, mais Lancia y ajoute un capital inestimable d’expérience technique et son fabuleux potentiel créatif. D’emblée, il veut créer des automobiles d’exception. Résolument novatrice, la jeune firme dépose ainsi quantité de brevets touchant aussi bien le domaine des moteurs que celui des transmissions ou des carrosseries…

La première voiture sort de la petite usine de Turin en 1907. Un oncle de Vincenzo, professeur de lettres anciennes, lui suggère de baptiser ce premier rejeton du nom d’Alfa, le A de l’alphabet grec. Il inaugure une tradition qui perdure encore aujourd’hui, même si dans les années cinquante les modèles firent plutôt référence à des héroïnes de l’Antiquité romaine (Flavia, Fulvia…). Chaque année sera rythmée par le lancement d’un nouveau modèle et, en 1911, la gamme se décline déjà en Beta, Gamma, Delta, Eta…

La "Lambda" : une célébrité mondiale C’est en 1922, avec la Lambda, que la marque va connaître une célébrité mondiale. Elle reste aujourd’hui le chef-d’œuvre de Vincenzo Lancia, avec des éléments révolutionnaires comme une carrosserie autoporteuse et une suspension avant à roues indépendantes. Après ce succès, Lancia élargit sa gamme vers des modèles moins prestigieux et plus populaires, néanmoins dotés d’une finition raffinée et de mécaniques brillantes. Très bien accueillies, ces voitures propulsent la marque au deuxième rang italien, derrière Fiat. Malheureusement, Vincenzo Lancia s’est véritablement épuisé à la tâche, il décède brutalement en février 1937. Il n’aura pas le temps de voir le succès de l’Aprilia, dernier modèle portant sa griffe, qui assurera avec bonheur la transition entre l’avant- et l’après-guerre. Bombardées et pillées par les combats, les usines Lancia ne reprennent que lentement leur activité.

Le succès semble pourtant à nouveau au rendez-vous avec le lancement de l’Aurelia (la première voiture de série à moteur V6) puis celui de la plus modeste Appia. Les choses commenceront à se gâter lorsqu’il faudra remplacer ces deux modèles. Le temps n’est plus aux voitures techniquement trop élaborées et donc trop chères. L’équilibre financier déjà fragile est de plus mis en péril par Gianni Lancia, le fils de Vincenzo, devenu président de la firme en 1948, qui a engagé la marque dans un ambitieux programme sportif.

La faillite en 1955 En 1955, Lancia en faillite est alors reprise par le groupe Pavesi. Sauvée provisoirement, elle ne parviendra pas à recouvrer entièrement son prestige. Les nouvelles Lancia, peu favorisées par une esthétique discutable et une déplorable réputation de fragilité, se vendent mal. Au milieu des années soixante, Lancia est à nouveau au bord du gouffre. Ford, désireux de s’implanter en Italie, s’y intéresse… une initiative peu goûtée par le grand voisin de Turin.

Fiat se porte alors acquéreur de la société en 1969, pour une lire symbolique, épongeant par ailleurs un passif colossal. Pendant les premières années de cette union, Lancia conserve une certaine autonomie mais avec la première crise pétrolière, Fiat décide de rationaliser la production et de donner un rôle précis à chacune des marques constituant son groupe. Dotées de mécaniques Fiat, puis de plates-formes communes, les Lancia ne sont bientôt plus que des Fiat luxueuses ou sportives. En dépit d’innombrables succès en rallyes glanés par les Lancia, Fiat n’a pas su ou pu préserver l’identité de la marque. Aujourd’hui, avec des modèles insipides et sans grande personnalité, Lancia apparaît comme le parent pauvre et oublié du groupe Fiat.

l'information fournie par Caradisiac.com & viva-lancia.com.

1881 naissance de Vincenzo Lancia à Fobello, un petit village situé à une trentaine de kilomètres de Milan.

1899 entré comme comptable dans la société Ceirano, Lancia travaille en fait à la réalisation de la première automobile de la marque.

1900 après le rachat de Ceirano par Fiat, Lancia devient pilote officiel de la marque.

1904 il remporte la Coppa Florio ; il récidivera deux ans plus tard.

1906 fondation le 29 novembre de la société Lancia à Turin ; Vincenzo conserve son poste de pilote officiel Fiat.

1907 la première Lancia sort de l’usine de la via Ormea à Turin ; elle prend d’abord l’appellation “ 18/24 HP ” avant d’être baptisée Alpha ; elle inaugure ainsi la tradition faisant référence aux lettres de l’alphabet grec.

1909 Vincenzo Lancia met un terme à sa carrière de pilote pour se consacrer uniquement à sa société.

1911 la gamme s’élargit et Lancia emménage dans une nouvelle usine de plus de 26 000 m2, via Mongivro à Turin.

1937 décès le 15 février de Vincenzo Lancia ; la présidence est alors assurée par sa femme Adèle, son fils Gianni n’ayant alors que 12 ans.

1940/45 la production de voitures particulières est interrompue ; pendant la Seconde Guerre mondiale, Lancia produit des véhicules utilitaires et quelques autos blindées légères.

1948 Gianni Lancia prend la présidence de la société.

1952/53 Gianni engage la marque dans un ambitieux programme sportif ; en dépit des succès, la situation financière de la société est désastreuse.

1955 le lancement du programme Formule 1 accélère le processus d’endettement ; Lancia est en faillite ; Gianni cède ses actions au groupe Pesenti et Fiat rachète tout “le matériel F1” pour le céder à Ferrari.

1962 construction de la nouvelle usine de Chivaso.

1969 Lancia passe sous le contrôle de Fiat, mais conserve une certaine autonomie de création.

1972 sortie de la Beta, première Lancia à moteur Fiat.

1974 Fiat charge Lancia de la distribution dans son réseau des modèles Autobianchi.